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Historique

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Les origines de Saint Leu d'Esserent

Elles sont très anciennes puisqu’elles remontent à l’époque du paléolithique inférieur (- 200 000 ans avant notre ère), en effet des bifaces(1) de type acheuléen(2) ont été découverts sur le plateau menant à Cramoisy. Ces silex témoignent ainsi d’une occupation précoce d’un site qui, il est vrai, réunissait tout les éléments nécessaires à l’installation de ces premiers hommes ; rivière, grottes, forêt…

L’époque néolithique
(3) a elle aussi livrée des preuves d’occupation humaine dans cette partie de la vallée de l’Oise.

L’époque gauloise nous a laissé des témoignages archéologiques, notamment la trace d’un village sur le plateau, mais surtout une pièce d’orfèvrerie rarissime, le fameux torque
(4) d’or découvert au XIXème siècle et qui vient nous rappeler le degré de raffinement de la civilisation celte d’avant les romains.
Avant la conquête des Gaules par César, le site de Saint-Leu d’Esserent faisait partie du territoire des Bellovaques
(5) qui donneront son nom à Beauvais et dont César a écrit dans la Guerres des Gaules : «de tous les gaulois, ils étaient les plus braves». Après la conquête, les romains construisirent le premier pont de Saint-Leu d’Esserent, des bornes miliaires(6) découvertes aux pieds du pont actuel en ont apporté la preuve archéologique.

En 1955, lors des fouilles archéologiques menées dans l’église, on a découvert un cimetière mérovingien daté du VIIème siècle dont l’un des sarcophages contenait les restes d’un homme encore chaussé de ses bottes franques en cuir en assez bon état de conservation. Celles-ci sont exposées au musée des Antiquités Nationales de Saint Germain en Laye.

En 1081, au moyen-âge supérieur, Hugues de Dammartin, fit don à l’église des biens qu’il possédait à Esserent dont il était le seigneur, à la condition expresse, que soit fondé un Prieuré de moines bénédictins qui soit rattachée à la puissante Abbaye de Cluny en Bourgogne. Ce qui fut fait et qui offrit au Saint-Leu d’Esserent d’aujourd’hui une partie des pièces maitresses de son patrimoine, au premier rang duquel, la très belle église Saint Nicolas (XII et XIIIème siècle)

Au milieu du XIVème siècle, l’un des pires que la France ait connu, éclata à Saint-Leu d’Esserent la Grande Jacquerie, grave révolte paysanne dirigée contre la guerre, la noblesse et les impôts. Pendant la guerre de 100 ans, la localité eut à souffrir de plusieurs incursions Anglo-navarraises qui dévastèrent les biens du Prieuré.

Les guerres de religions à la fin du XVIème ramenèrent les mêmes désolations dans notre ville.

Sous la Révolution, les deux derniers seigneurs ayant fief à Saint-leu (celui de la Guesdière et de Sauveterre) s’en sortiront plutôt bien puisque l’un et l’autre devinrent, à 10 ans d’intervalle, maires de la ville, le premier Ladvocat en 1800 et de second Lescalopier en 1811.

A l’époque contemporaine (seconde guerre mondiale), les carrières de pierres de Saint Leu, qualifiées par Jacques Cambry
(7) de «fameuses» tant leur réputation et leur superficie étaient grandes et ce depuis des siècles, servirent aux allemands de gigantesque atelier de montage pour leurs terribles V1. Cette implantation devait justifier les bombardements massifs du mois d’août 1944 par l’aviation alliée (R.A.F.).

Petite anecdote : Le dernier prieur claustral du prieuré de Saint-Leu s’appelait Dom Rolland, c’est sa belle sœur, Manon Rolland, condamnée à mort pendant la terreur, connue sous le nom de Madame Rolland, qui s’écria aux pieds de l’échafaud, cette phrase désormais célèbre
« ô liberté, que de crimes on commet en ton nom».
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1 Biface : Outil de silex taillé sur deux faces en triangle ou en amande.
2 Acheuléen : Se dit d'un type de culture du paléolithique inférieur caractérisé par de grands silex taillés en bifaces.
3 Néolithique : Relatif à l'âge de pierre polie, période la plus récente de l'âge de pierre.
4 Torque : Collier ou ceinture métallique rigide des gaulois puis des soldats romains.
5 Bellovaque : Un des peuple gaulois de la Gaule Belgique, ils deumeraient à l'ouest de la rivière Oise.
6 Borne miliaire : Dans la Rome antique, les bornes étaient déposées tous les miles romains (1460 mètres).
7 Jacques CAMBRY (
1749 -1807) : Préfet de l'Oise nommé par Napoléon en 1799

Remerciements à Frédéric DUCHATEL pour la rédaction de ce texte historique syntéthique

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